L'activisme électoral de Nicolas Sarkozy commence à agacer ses partenaires européens. En annonçant que la taxe sur les transactions financières (TTF) serait instaurée en France avant la présidentielle, Paris a pris de court, et irrité, tant Berlin que Rome et Bruxelles, pourtant acquis au projet dit de «taxe Tobin». «La France n'attendra pas que les autres soient d'accord», a lancé vendredi le président de la République, confirmant les informations parues le matin même dans Libération.
«Morale». Plus tôt à Berlin, la nouvelle avait été sèchement accueillie : l'objectif de l'Allemagne «reste l'introduction de cette taxe au sein des Vingt-Sept» de l'Union, a commenté le porte-parole de la chancelière Angela Merkel. De passage à Paris, le chef du gouvernement italien, Mario Monti, a, lui, déconseillé une démarche «en solitaire». Même son de cloche à Bruxelles, où on plaide pour «une approche cohérente» entre les Etats membres. La Commission européenne, qui a mis sur la table, fin septembre, un projet chiffré de TTF européenne rappelle, de surcroît, qu'elle attend «de bons progrès dans la première moitié de 2012» sur ce dossier, qui divise encore les Européens et requiert en principe l'unanimité.
Quelques heures avant que Sarkozy ne s'exprime, le ministre de l'Economie, François Baroin, avait défendu le souhait de la France «d'accélérer le calendrier» : «Puisqu'une bonne partie de la crise provient




