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Libération

La filière française en pleine éclipse

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La baisse des tarifs d’achat a étranglé le secteur en 2011.

Publié le 09/01/2012 à 0h00

Année 2011, année crépusculaire pour le solaire. Entamée par un gel des projets qui a mis le secteur sur les rotules, elle s'est achevée par une rafale de dépôts de bilan (Inovasol, One Network…). D'après le Syndicat des énergies renouvelables (SER), la filière employait 18 000 personnes fin 2011, contre 25 000 un an auparavant. Soit 7 000 emplois qui ont fait pschiiiit. La chute de Photowatt et consorts est moins structurelle que conjoncturelle et politique. «Le gouvernement a tué la filière, tranche un chef d'entreprise. Pour Photowatt, comme pour les autres, il s'est contenté de jouer les croque-morts.»

La débâcle ne s'est pas faite en un jour. Dès 2010, le patron de Saint-Gobain Solar prévenait les autorités lors d'une audition à l'Assemblée : «Nous aimerions bien investir en France, le dossier est prêt.» Mais le gouvernement, qui s'était résolu, bien après l'Allemagne, à subventionner le tarif de l'électricité solaire, a fait volte-face. En décembre 2010, le raccordement des nouvelles installations est gelé pendant trois mois. Un choc terrible. En mars 2011, à la sortie du moratoire, les règles du jeu sont chamboulées. Les tarifs d'achat de l'électricité par EDF sont révisés tous les trimestres. Et une série d'appels d'offres doit encadrer les gros projets. «Trois mois de moratoire auxquels s'ajoutent six mois d'attente pour les appels d'offres, puis douze mois supplémentaires pour voir les projets sortir de terre, cela fait presque deux ans sans re

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