Dans la très tordue affaire UraMin, il y a au moins une chose de claire : entre l'ex-patronne d'Areva Anne Lauvergeon (1), débarquée en juin, et son successeur et ancien bras droit, Luc Oursel, c'est la guerre nucléaire. «Ça va pleuvoir comme à Gravelotte (2), il va y avoir du sang !» lâche un acteur du dossier. Au départ, il y a le fiasco financier lié au rachat en 2007 de la société minière UraMin, pour laquelle Areva a dû passer 1,8 milliard d'euros de provisions. Après l'arrivée d'Oursel, qui entretient de forts soupçons sur l'opération, le groupe a gelé le versement des indemnités de départ de Lauvergeon, 1,5 million d'euros, dans l'attente des résultats, fin février, de l'enquête interne diligentée sur UraMin. Une suspension jugée illégale par l'ex-patronne, qui a assigné Areva en justice. Ce qui complique et pimente l'affaire, c'est l'intervention d'officines mandatées par Areva pour débusquer d'éventuelles malversations. L'une elles, la suisse Alp Services, a espionné en toute illégalité le téléphone et les comptes bancaires du mari d'Anne Lauvergeon. Une enquête préliminaire a été lancée fin décembre après une plainte du couple.
Qui est responsable du fiasco UraMin ?
UraMin, jeune société cotée au Canada, a été rachetée 1,8 milliard par Areva, en pleine flambée des cours de l'uranium. Mais le gisement namibien se révélera moins riche que prévu. Début 2010, Areva commande un rapport au cabinet Apic. Son patron, Marc Eichinger, déclare dans




