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«Je ne peux pas me projeter dans l’avenir»

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ParCatherine Coroller
(à Lyon)
Publié le 16/01/2012 à 0h00

Depuis 2007, Léocadie Mpindy, 40 ans, visiteuse médicale, enchaîne les contrats à durée déterminée. Un an, six mois, trois mois… Le dernier, de dix-huit mois, s'est achevé en août. «J'ai été remerciée. Mais on ne peut pas trop en vouloir aux labos, dit-elle. Avec les histoires autour de certains médicaments, de certains produits, beaucoup ferment. Aujourd'hui, les seuls capables d'embaucher dans la visite médicale sont les boîtes de prestations, les boîtes d'intérim.» A posteriori, Léocadie Mpindy se reproche un peu de n'avoir pas réagi avant la fin de son dernier contrat : «J'ai été embauchée pour booster les ventes d'un produit qui allait tomber dans le domaine public et être concurrencé par des génériques. Alors, évidemment, je suis passée à la trappe. J'aurais pu anticiper, demander à changer de réseau en cours de route, aller sur des médicaments jeunes, qui venaient de sortir.»

Son rêve serait bien sûr d'être embauchée en contrat à durée indéterminée. «Dans ma situation, je ne peux pas me projeter dans l'avenir. Je voudrais acheter un appartement. La plupart de mes collègues en CDI sont propriétaires. Et on a des salaires qui nous le permettent. Mais avec un CDD, ça n'est pas possible.» Léocadie Mpindy reconnaît que l'âge d'or de la visite médicale est passé. La profession est décriée. Les laboratoires ont multiplié les plans sociaux. «Jusqu'en 2007, ça allait encore. Les gens étaient embauchés. Je suis arrivée trop tard. Je mise s

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