En Martinique, à Paris et depuis cinq mois à Strasbourg, Mickaël Grondin recherche une «situation stable». Ce titulaire d'un BEP vise un boulot dans la restauration : buffetier, serveur, barman… «Avant les fêtes, plus de la moitié des restaurants de Strasbourg ont dû avoir mon CV. Je n'ai pas eu une seule réponse.» A 23 ans, il aimerait comprendre où est le bug. «Récemment, j'ai postulé pour une place d'animateur "jeunes enfants". J'avais toutes les qualifications requises. J'étais éligible au CAE-CUI [contrat aidé par l'Etat, ndlr] et j'avais une expérience avec les enfants grâce à mon diplôme fédéral d'éducateur sportif.» Il candidate, Pôle Emploi lui envoie un SMS qu'il conserve parce qu'il ne le digère pas : «Nous regrettons de ne pouvoir donner suite à votre candidature qui ne correspond pas à certains critères souhaités par l'entreprise.» Etre recalé est une chose, mais encore faudrait-il savoir pourquoi…
Sa première déception professionnelle, Mickaël l'a connue à 19 ans en Martinique, où il a grandi. On lui promet un CDI dont il ne verra jamais la couleur. Après quatre mois de CDD non renouvelé, il quitte l'île pour tenter sa chance à Paris dans la restauration. Il bosse une dizaine de jours au McDo d'Eurodisney, «grâce à une amie».«Tous les petits boulots que j'ai eus, je les ai trouvés par la débrouille. Ni Pôle Emploi ni les missions locales ne m'ont vraiment aidé.» Il décide d'apprendre le métier. Mais aucune fo




