La fermeture définitive de la dernière usine de lingerie Lejaby en Haute-Loire est, à elle seule, une métaphore de l’effondrement de l’industrie tricolore, qui, en dix ans, aura perdu 750 000 emplois. C’est l’histoire d’un artisanat familial devenu une grande marque nationale en l’espace de quatre générations, fauchée par la folle machine des délocalisations. Il suffit d’entendre la colère et le désespoir des salariés mis sur le carreau pour en mesurer la violence. Avec l’usine Lejaby devraient aussi tomber quelques idées reçues. La première considère que la spécialisation dans le haut de gamme suffit à elle seule pour résister au vent de la mondialisation. Si les règles du jeu ne changent pas, nul n’est plus à l’abri, pas même la nouvelle usine de Sfax, en Tunisie, où le repreneur de Lejaby a choisi d’installer sa production. Il y a fort à parier que demain, l’usine connaîtra un nouvel exil, toujours aimantée par des coûts plus bas. La seconde idée reçue, très en vogue à l’approche de la présidentielle, considère qu’une nouvelle taxe nationale - la fameuse TVA sociale - peut constituer une digue solide pour protéger nos emplois. Cette taxe a deux défauts majeurs : elle reposera en grande partie sur les épaules du consommateur et, surtout, elle ne changera rien à la concurrence dévastatrice que se livrent les pays de l’Union européenne. Aussi, cette TVA sociale ne rompt-elle pas avec une compétition absurde sur les salaires. A l’opposé, une digue bâtie à l’échelle européenn
EDITORIAL
Dévastateur
Réservé aux abonnés
Publié le 20/01/2012 à 0h00
Pour aller plus loin :
Dans la même rubrique
Nos newsletters

Alerte Libé
Les alertes, infos et enquêtes Libé à ne pas manquer

Libé Matin
Le brief matinal idéal pour bien commencer la journée

Opinions
Les billets, éditos, tribunes ou chroniques qui font débat

Toutes nos newsletters
Actualité, politique, lifestyle... découvrez toutes nos newsletters

Les plus lus