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Crise financière : des agences de notation surévaluées

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ParPierre-Yves Geoffard
professeur à l'Ecole d'Economie de Paris, directeur d'études à l'EHESS.
Publié le 24/01/2012 à 0h00

Depuis que Standard & Poor’s a embarqué la France dans une charrette de pays dont la dette a été dégradée d’un ou deux crans, la communication gouvernementale a pris un sacré virage sur l’aile.

Naguère, la sauvegarde du triple A était érigée en nécessité absolue, et cet objectif sacré justifiait tous les sacrifices, y compris de surtaxer les très hauts revenus. Et maintenant qu’on l’a perdu, finalement, ce n’est pas si grave que ça… La preuve en serait que les taux auxquels la France emprunte pour financer son déficit n’ont pas bougé depuis l’annonce fatidique : le crédit de la France resterait donc le plus solide qui soit.

L’argument est particulièrement douteux : d’une part, si les taux n’ont pas augmenté, c’est que les marchés avaient déjà anticipé la perte du triple A ; d’autre part, la France doit tout de même rémunérer les prêteurs 1,30 % de plus que l’Allemagne. Ce n’est pas encore ingérable, mais il faut y voir une conséquence, aussi, des politiques menées depuis cinq ans ou plus. Si les impôts des plus riches n’avaient autant baissé, le déficit se serait moins creusé, et l’Etat ne devrait pas autant s’en remettre au bon vouloir des prêteurs.

Les mêmes qui nous disaient il y a peu que les principales agences de notation avaient trop de pouvoir sans aucune responsabilité prétendent maintenant que ce qu’elles disent n’a pas tant d’importance. Il est pourtant faux de dire que ces trois agences, peu soumises à la concurrence, n’ont aucun pouvoir de nuisance et que leurs avi

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