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Crise de la zone euro : la faute à Berlin ?

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Publié le 25/01/2012 à 0h00

L’Allemagne est peut-être un modèle pour Nicolas Sarkozy, elle ne l’est pas pour l’Organisation internationale du travail (OIT), qui a, hier, publié un rapport très sombre sur les tendances mondiales de l’emploi en 2012. Alors que Berlin présente régulièrement ses gains de compétitivité comme la voie à suivre, l’institution onusienne y voit au contraire un frein à la croissance européenne.

Pourquoi la «locomotive» allemande tire-t-elle l’Europe vers le bas ?

Pour l'OIT, les bas salaires outre-Rhin sont une raison majeure de la crise en zone euro : «L'amélioration de la compétitivité des exportateurs allemands est de plus en plus identifiée comme la cause structurelle [des problèmes actuels]. La baisse relative des coûts du travail allemands depuis une décennie a mis sous pression la croissance de ses concurrents, avec des conséquences néfastes pour la viabilité de leurs finances publiques», souligne le rapport.

Comme le rappelle l’OIT, cette politique de déflation salariale est un héritage de la réunification, et de ses maux initiaux : un boom de l’inflation, du chômage et une perte de compétitivité des produits Made in Germany.

En se convertissant à la rigueur dès le milieu des années 1990, l'Allemagne a «créé, au niveau européen, les conditions d'un marasme économique prolongé. De fait, les autres pays membres considèrent de plus en plus qu'ils n'ont d'autres choix que de durcir la politique salariale pour résoudre leur problème de compétitivité»

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