«Soit tout le monde l'adopte, soit nous ouvrirons la voix tout seuls.» Voilà, en substance, ce que n'a cessé de répéter Nicolas Sarkozy au reste des pays européens, et à l'Allemagne en particulier. L'objet de l'avertissement ? La taxe Tobin. Dès demain, jour de la présentation du projet de loi en conseil des ministres, le Président pourra dire qu'il a tenu parole. Problème : le grain de sable qu'il lance dans les rouages du capitalisme-casino ne devrait pas changer grand-chose.
«Exemptions». Selon les Echos, qui ont obtenu copie du projet, les contours de la taxe sur les transactions financières sont arrêtés. La date n'est pas fixée, mais le taux de cet impôt est calibré à 0,1% et ne concerne que les entreprises cotées dans l'Hexagone, de nationalité française, et dont le niveau de capitalisation est supérieur au milliard d'euro. A ce niveau, la taxe est censée rapporter 1,1 milliard d'euros.
Pas de quoi rassurer ses partisans. Il est vrai qu'on est loin des intentions de départ, lorsque le gouvernement laissait entendre qu'il serait prêt à taxer toutes les transactions financières, quelle que soit la nationalité des entreprises, dès lors qu'elles seraient cotées en France. Déception, donc, pour la plupart des ONG. «Le gouvernement aurait voulu enterrer la TTF [taxe sur les transactions financières, ndlr] avant de la mettre en place, il ne s'y serait pas pris autrement. Ce n'est plus une taxe sur les transactions financières qui est prése




