Une révolution discrète s'officialise cet après-midi à Marseille. Le patron du très influent syndicat Force ouvrière des agents territoriaux de la Cité phocéenne, Elie-Claude Argy, cède sa place. Poussé dehors par toute sa base. C'est l'épilogue feutré d'un putsch préparé cet été (Libération du 20 septembre 2011), et qui pourrait changer les liens profonds, et parfois incestueux, que FO entretient avec les élus marseillais.
Le syndicat s’était implanté au début des années 50 grâce à Gaston Defferre, maire socialiste soucieux de faire obstacle à la CGT, puissante sur le port et autour de sa ville. Il avait donc donné au syndicat concurrent les clés du recrutement et des promotions, rendant FO incontournable. Impossible ou presque de se faire embaucher ou d’obtenir de l’avancement, un logement de fonction, sans s’y syndiquer. Repris par les majorités successives, le système s’accompagne de symboles forts. Le maire actuel, Jean-Claude Gaudin, ne reçoit jamais d’autres syndicats. Mais la cogestion est devenue facteur de paralysie et de dysfonctionnement dans les services publics.
«Paon». Elu secrétaire général de ce syndicat redouté en 2003, Argy se vantait de faire et défaire les majorités. Cela a fini par fatiguer jusqu'à ses troupes. «Ce n'est jamais très élégant de rappeler aux élus qu'ils en sont là grâce à vous, résume l'un des principaux dirigeants de la nouvelle équipe. Il a fait le paon, et dans ces cas-là on tombe de haut.» Des




