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Libération
EDITORIAL

Risques

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Publié le 13/02/2012 à 0h00

Et si nous devenions tous grecs ? Ce qui est imposé aujourd’hui à ce pays pressuré et humilié par ses partenaires européens annonce-t-il ce qui sera un jour prescrit à l’Italie, au Portugal et pourquoi pas à la France ? L’Europe soigne la maladie et va tuer le malade. Le sort fait aux Grecs doit concerner tous les autres citoyens européens : sont-ils menacés aussi de ces coupes claires dans les budgets sociaux, de ces baisses de 22% du salaire minimum (soit en France un Smic ramené à 1 000 euros) ? Les vertueux écureuils objectent que la Grèce a longtemps vécu comme une cigale empruntant et dépensant sans compter, maquillant ses chiffres et entretenant une administration pléthorique et corrompue. Tout cela est vrai. Mais la Commission européenne, les marchés, les banques qui ont tant prêté, tous devenus impitoyables, découvrent-ils vraiment cette situation aujourd’hui? Pourquoi n’ont-ils rien fait, ni rien dit alors qu’il était temps ?

Il ne fallait pas remettre en cause les bases de la zone euro dont on mesure aujourd’hui la fragilité lorsqu’une économie marginale (moins de 3% du PIB européen) menace l’ensemble. La forme de l’intervention européenne en est d’autant plus odieuse : Premier ministre convoqué, instauration d’une surveillance humiliante des comptes, mépris ostensible, notamment par l’Allemagne, de la souveraineté d’une nation. Enfin, la plupart des experts ne croient pas aux remèdes européens qui reviennent à contracter une économie déjà en pleine récession et do

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