Sans grande surprise, le candidat Sarkozy, dans son premier discours de campagne à Annecy, s'est posé en défenseur de la nation, «ce socle que nous devons préserver, sur lequel nous devons construire. La pire faute serait de détruire ce socle, de laisser la nation éclater».
La gauche, notamment dans sa composante la plus «sociale libérale» n’est pas toujours confortable avec l’idée de nation, toujours un peu suspecte. Et c’est bien plus volontiers la droite qui s’en empare, allant jusqu’à graver sur les plaques d’un ministère «l’Identité nationale». Naturellement, on s’en souvient, si cette identité est prétendument menacée, c’est bien entendu par l’immigration, par ces étrangers qui souhaitent tant vivre, travailler, en France.
Curieusement, les départs de Français qui vont s’installer à l’étranger ne semblent pas concerner les débats sur la nation. Et, lorsqu’il s’agit de l’exil de nos riches compatriotes, la question devient économique ; il n’est plus question de morale ; il faut tout faire pour qu’ils restent en France, parce que leurs talents, leurs compétences, bénéficient à tous, forcément.
Ce point de vue est superbement résumé par Serge Dassault, le 8 février, lors d'une réunion de l'UMP consacrée aux délocalisations : «L'ISF[l'impôt de solidarité sur la fortune]est une catastrophe qui a fait fuir des milliers d'industriels, beaucoup sont partis et les autres vont partir car ils ont peur des socialistes. Ceux qui vont créer de la richesse, faire d




