La photo a fait le tour du monde : le corps dans le vide, accrochée au troisième étage de son bureau, Chrysoula a menacé pendant des heures de se laisser tomber. Cette ingénieure venait d'apprendre la suppression de l'organisme de logement social OEK où elle et son mari travaillent. Son angoisse : ne plus pouvoir payer les soins pour leur enfant atteint d'une grave maladie du foie. Le drame a été évité, mais les 700 employés de l'OEK poursuivent la grève.
«Nous sommes le dernier vestige d'une politique sociale qui s'effondre. Le gouvernement a tout supprimé, il ne restait plus que nous», dénonce l'architecte Haris Gouvopoulos. Ilias Athanassiou, leader syndical, raconte : «L'OEK a été perdu le 9 février à 5 heures du matin, lors d'un ultime arbitrage. La troïka disait : "Il me faut encore 325 millions d'économies, débrouillez-vous pour les trouver". Voilà le résultat de cette collaboration criminelle entre les nains de la politique grecque et les géants de la troïka [le trio honni des bailleurs de fonds que forment la Commission, la Banque centrale européenne, et le Fonds monétaire international, ndlr].»
À la hache. Motif supplémentaire de révolte pour le personnel de l'OEK : cet organisme, le seul à bâtir du logement social en Grèce, ne coûte rien au budget de l'Etat puisqu'il est ent




