L'édition du Canard enchaîné révélant les affaires d'espionnage chez Ikea France était à peine sortie des presses, que la machine se mettait en branle à Älmhult, 15 000 âmes, berceau du géant du meuble à petit prix, au sud de la Suède. Pas question de laisser l'affaire s'emballer. Ingvar Kamprad, 85 ans, fondateur du groupe, en sait quelque chose. Malgré les scandales à répétition qui ont ponctué sa carrière, l'homme d'affaires suédois est aujourd'hui une icône dans son pays. A croire que le mythe serait indéboulonnable.
A Älmhult, on assure qu'on ne savait rien de ce qui se passait à Paris. «Ikea s'oppose catégoriquement à ce genre de pratiques illégales et contraires à l'éthique, qui vont à l'encontre des valeurs portées par l'entreprise», martèle Ylva Magnusson, responsable de la communication internationale du groupe. Elle évoque des accusations «très graves» et précise qu'un responsable parisien a déjà été suspendu de ses fonctions et qu'une enquête interne est en cours.
Larmes. Cela suffira-t-il pour autant à calmer les esprits ? Tout est dans l'art de communiquer. A ce petit jeu, le patron d'Ikea est un génie. Son secret : admettre ses erreurs, sans jamais hésiter à en rajouter dans l'autoflagellation. Le long entretien qu'il a accordé au quotidien régional Smålandsposten en février, est un modèle du genre.
Ingvar Kamprad, qui n'a pourtant pas l'habitude de se confier, parle de son mal de dos, du pacemaker avec lequel




