Ses ennemis lui prédisent un destin en politique ou au cinéma. Certains de ses amis aussi. Entre journalistes, il passe pour un bon client. Une «bête de scène», dit-on à la CFDT. Sur les plateaux de télé, face à Xavier Bertrand ou en AG, Edouard Martin a fini par incarner le combat des sidérurgistes de Florange contre le géant de l'acier, ArcelorMittal. Une lutte «jusqu'au bout» pour sauver les deux derniers hauts-fourneaux lorrains, en sommeil depuis octobre.
Adepte de la métaphore pédago - «une usine, c'est comme une voiture, il faut l'entretenir» - et de la formule lapidaire - «Florange va devenir le cauchemar du gouvernement» -, le syndicaliste à la belle gueule burinée aimante les caméras et micros venus couvrir un conflit dopé par la présidentielle. «Pour moi, c'est le working-class hero, commente Aurélie Filippetti, députée PS de la Moselle. C'est un tribun hors pair, il a une force de persuasion et une éloquence hors du commun.»
En février, la direction d'ArcelorMittal annonce qu'aucun haut-fourneau ne redémarrera au second trimestre, que l'activité économique ne le permet pas, que cette fermeture est «provisoire». Un discours déjà entendu par les salariés de l'usine de Liège, en Belgique, où le provisoire est devenu définitif en octobre. Surtout, l'épisode Gandrange a marqué la conscience de tous les métallos qui ont encore en tête les mots d'un Nicolas Sarkozy volontariste - «Avec ou sans Mittal, l'Etat invest




