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Enquête

Islande : la reprise a une sale dette

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Le pays a renoué avec la croissance, mais l’endettement étrangle particuliers et entreprises.

L'actuelle chef du gouvernement islandais, la sociale-démocrate Johanna Sigurdardottir, le 5 mars 2010 à Reyjavik (Photo Halldor Kolbeins. AFP)
ParMarie-Joëlle Gros
Envoyée spéciale à Reykjavík
Publié le 15/04/2012 à 21h06

Après trois années de récession, l’Islande sort doucement la tête de l’eau. Douloureusement et sans crier victoire. Certes, le rapport du Fonds monétaire international (FMI) publié en fin de semaine dernière lui accorde un satisfecit encourageant. Mais, malgré un retour à la croissance (+ 3% sur 2011 contre - 9% en 2009) et un taux de chômage en recul (6% aujourd’hui, contre 9% en 2010), la santé de cette minuscule nation de 326 000 habitants reste fragile.

Vie à crédit. Précipitée dans la crise en octobre 2008, dans la foulée de la faillite de Lehman Brothers, l'Islande a été victime de son système bancaire hypertrophié. Il a fallu sauver en urgence les trois banques du pays pour sécuriser les comptes. Et, en échange de l'aide du FMI (1,25 milliard d'euros au taux de change actuel) mettre en place un programme de réformes drastique : restriction de 10% du budget de l'Etat, contrôle des capitaux et refonte de la politique fiscale… Ces mesures pèsent lourdement sur le dynamisme de l'île. D'autant que l'inflation cavale (6,3% sur un an).

Malgré des progrès importants réalisés dans la restructuration de la dette des ménages et des entreprises, l'endettement privé reste préoccupant. L'alléger davantage aurait un impact important sur les finances de l'Etat, déjà bien faibles. Et «le niveau élevé de la dette publique laisse très peu de place à un tel allégement», insiste le FMI. Mais les Islandais, enfermés dans «une prison de dettes», n'en peuvent plus. Le

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