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Enquête

Honeywell : délocalisation déguisée

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Un document que s’est procuré «Libération» révèle que l’arrêt de l’usine de Condé-sur-Noireau aurait été décidé pour transférer la fabrique de plaquettes de freins en Roumanie.

ParPierre-Henri Allain
Correspondant à Rennes
Publié le 28/05/2012 à 22h36

Les mois passent, mais la mobilisation des salariés de l'usine Honeywell de Condé-sur-Noireau, dans le Calvados, ne faiblit pas. Depuis bientôt deux ans, ils se battent contre la fermeture du site prévue pour juin 2013. Et ils en appellent aujourd'hui à Arnaud Montebourg, le nouveau ministre du Redressement productif, qui était venu les soutenir pendant la campagne présidentielle. Or, voilà qu'un document confidentiel, découvert sur l'intranet du groupe américain et que Libération s'est procuré, conforte leur conviction : la fin de leur usine de plaquettes de freins, qui emploie 323 personnes, serait directement liée à la construction d'une nouvelle implantation en Roumanie où l'activité serait transférée… ce dont s'est toujours défendue la direction.

Mais la note en anglais, sobrement intitulée «Projet Condé», semble confirmer les soupçons des syndicats. Le texte énumère les objectifs et évoque la stratégie de la société. Il y est notamment question de «réduire l'empreinte» du groupe en Europe occidentale, «conjointement» avec le projet d'usine en Roumanie. Et d'«accroître sa compétitivité» sur le marché des matériaux de frictions (les plaquettes de freins fabriquées notamment à Condé) en «transférant la production» dans une «RE» (région émergente). Le document évoque également pour la fermeture de l'usine de Condé, une «opportunité unique» créée par le contexte économique du secteur automobile et l'augmentation

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