De riches armateurs qui fuient le navire, roitelets de l’entourloupe fiscale en route pour les eaux calmes de Monaco ; des quidams qui n’ont même plus accès aux médicaments dans un pays où la Sécurité sociale n’est plus solvable ; des profs qui abandonnent leur classe faute d’être payés… C’est le spectacle du chaos qu’offre la Grèce alors que se jouent dimanche des élections dont beaucoup estiment qu’elles tiennent de la roulette russe. Le destin de la Grèce, de l’euro et même de l’Union serait suspendu à cette consultation à haut risque. Y aura-t-il, lundi matin, un gouvernement digne de ce nom, à même de rassurer les marchés, les dirigeants européens et… les Grecs eux-mêmes ? Il y a au moins deux erreurs de perception à éviter : la première consiste à croire qu’en cas de catastrophe, nos habiles technocrates parviendront à «décrocher» à moindre frais la Grèce de la zone euro : si l’Europe est impuissante à sauver du naufrage cette économie-confetti, comment pourrait-elle protéger l’Espagne, l’Italie ou demain la France ? La seconde erreur, c’est de croire que ces élections vont tout résoudre ou tout précipiter. Ce pays ne gagnera le combat de sa survie que sur la longue durée. Le philosophe grec Stelios Ramfos le dit sans ambages : «Après son indépendance, la Grèce s’est retrouvée propulsée au rang des Etats "modernes", sans avoir forgé de contrat social.» C’est dire l’immensité du chantier que pourrait décider d’ouvrir ce peuple, dont nul ne peut oublier qu’il occupe une
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Publié le 14/06/2012 à 21h26
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