L'Etat doit-il passer à la caisse pour éviter que la crise automobile ne vire au crash social ? Mardi, le numéro 2 de Renault, Carlos Tavares, réclamait un retour des subventions, style prime à la casse et bonus-malus écologique. Le lendemain, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, révélait qu'il étudiait «cette demande» que lui avait déjà «faite» le PDG du constructeur, Carlos Ghosn, pendant la campagne présidentielle. Mais le sujet risque de tourner au casse-tête. Car l'Etat n'a pas un sou vaillant. Et nos deux champions automobiles s'empaillent sur la marche à suivre : selon nos informations, PSA Peugeot-Citroën, contrairement à Renault, a fait savoir au gouvernement tout le mal qu'il pense d'une «hollandette», qui succéderait à la prime à la casse disparue fin 2010. «Ce n'est pas la solution», lâche un cadre de la marque au lion.
L'Etat et les deux groupes s'accordent au moins sur un point : il faut agir. Les chiffres de vente en Europe sur les cinq premiers mois de l'année, publiés vendredi, sont catastrophiques pour les constructeurs tricolores. Sur un marché en baisse de 7,7 %, Renault dégringole de 19,4 % et PSA de 14,9 %. Résultat : la production made in France plonge. Avec, à la clé, un gros risque de suppressions d'emplois. Faut-il pour autant soutenir le marché, comme l'avait fait l'Etat lors de la




