On dira volontiers avec Régis Debray que «l'économie du discours ne peut se réduire au discours de l'économie». Laisser croire qu'avec une seule poignée de chiffres dramatiques - et bien réels - jetés en pâture, on résumerait l'essentiel du drame qu'affrontent les grands pays occidentaux, c'est refuser de voir et de penser la crise du projet collectif qui ronge irrésistiblement depuis trente ans la puissance publique sans que personne ne s'en soit vraiment soucié. C'est aussi se condamner à une politique aveugle dont le seul impératif serait comptable. Autant dire qu'elle n'a aucune chance de réussir. Une question hante notre théâtre national : une rigueur de gauche est-elle une rigueur de droite qui ne dit pas son nom ? Il faut le dire sans relâche, il n'y a aucune fatalité à ce que ces deux-là se ressemblent. Il y a en revanche au moins trois conditions pour qu'on puisse les distinguer. La première, c'est en finir résolument avec les euphémismes ou les mensonges du passé, quand la gauche, par exemple, tentait de faire passer un changement brutal de cap, en 1983, pour une simple «parenthèse». La deuxième, c'est que cette rigueur soit assumée, discutée, explicitée et arbitrée à chaque instant dans un esprit de justice et d'effort partagé. Nicolas Sarkozy a été violemment rejeté pour n'avoir pas voulu prendre en compte le sentiment et les réalités de l'équité. La troisième condition est de ne pas décider des ajustements au fil de l'eau, au gré de la conjonct
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Publié le 21/06/2012 à 22h36
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