Ces temps derniers, l'Europe ressemble à un lapin pris dans les phares d'une voiture. Effrayée, tétanisée, immobilisée, elle paraît ne pas savoir comment éviter le choc fatal. A Rome, vendredi, Hollande, Merkel, Monti et Rajoy ont certes finalisé le principe d'un pacte pour la croissance. Un sursaut utile, indispensable même, mais nul ne peut prétendre sérieusement qu'il répond aux défis de vie ou de mort auxquels la zone euro est confrontée. Tous ont glissé quelques mots sur la nécessité d'une «avancée politique», voire d'un «saut fédéral», mais aucun n'a osé en préciser les termes. Et pour cause : le concept d'une Europe fédérale renferme son lot de tabous, de malentendus et divergences aussi culturelles que politiques. Ce sujet apparaît d'autant plus risqué que les opinions publiques européennes ne sont pas franchement disposées à se fondre dans un grand «machin» supranational. Surtout, il touche en Allemagne et en France des résistances qui ont partie liée avec la longue histoire. Toujours traumatisés par l'hyperinflation des années 20, les Allemands entretiennent une relation totalement anachronique avec la monnaie qui les empêche d'accepter la solidarité financière et monétaire sans laquelle l'euro ne peut survivre. De leur côté, les Français, qui ont du mal avec le partage de souveraineté, ont toujours préféré faire l'Europe sans le dire vraiment, ni assumer ce qu'elle implique de règles communes. Vital au plan monétaire et financier, mais gravement
EDITORIAL
Tétanie
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Publié le 22/06/2012 à 22h06
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