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Libération

L’auto française face au complexe de surcapacité

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Faute de débouchés, les sites tricolores ne tourneront qu’à 60% cette année.

Publié le 28/06/2012 à 22h26

Avis de tempête sur l’auto «made in France». La restructuration de PSA n’est que la première manifestation de la déflagration économique et sociale qui menace la filière tricolore. A peine trois ans après la dépression automobile de 2008-2009, les constructeurs sont frappés par une nouvelle crise. Depuis le début de l’année, les ventes de voitures dégringolent en Europe (-7,7% sur le premier trimestre). En l’espace de cinq ans, le marché européen a perdu 4 millions de véhicules. L’équivalent de trente fois la production annuelle du site PSA d’Aulnay-sous-Bois.

Résultat : les usines sont sous-utilisées et deviennent déficitaires. Selon le cabinet Alix Partners, les sites tricolores ne tourneront qu’à 60% de leurs capacités cette année, la pire performance après l’Italie. Car les ventes des constructeurs français en Europe sont catastrophiques : - 15 % pour PSA, - 20% pour Renault sur cinq mois. Nos champions souffrent de leur forte présence sur les marchés les plus sinistrés (Espagne, Italie). Mais aussi de leur spécialisation dans les petites voitures moyen de gamme. Un segment qui ne cesse de régresser, face à la double offensive des rois allemands du premium (Audi, BMW) et des casseurs de prix comme le coréen Hyundai.

«Double peine». Renault et PSA viennent donc de décider de nouvelles journées de chômage partiel dans plusieurs usines françaises. «C'est une solution qui n'est pas viable sur le long terme», a plaidé hier le directeur industriel de PS

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