Où s'arrêtera la chute de Nokia ? Et si le géant déchu des télécoms décidait de quitter sa mère patrie pour chercher son salut dans des pays à faible coût de main-d'œuvre ? Mi-juin, au lendemain de l'annonce d'une nouvelle saignée dans les effectifs du groupe, le patron du syndicat de la métallurgie, Riku Aalto, tirait le signal d'alarme. Le scénario, inimaginable jusqu'alors, d'une délocalisation de la première entreprise finlandaise serait, d'après lui, «la prochaine étape logique» pour le groupe. Mi-juin, Nokia a encore annoncé 10 000 suppressions d'emplois dans le monde, dont 3 700 en Finlande. Selon son PDG, Stephen Elop, il s'agit de «garantir la force compétitive de Nokia sur le long terme».
Mais, à Helsinki, on s'interroge de plus en plus sur l'avenir de l'ancien fleuron de l'industrie nationale. Le gouvernement s'est réuni d'urgence, le 14 juin, pour en discuter et une série de mesures ont été annoncées pour venir en aide aux régions les plus affectées par les difficultés du groupe : soutien à l'investissement, à l'innovation, à la création d'entreprise… au total, 200 millions d'euros seront débloqués d'ici à 2014. Le leader du syndicat des employés du privé, Antti Rinne, met en garde contre les risques d'une «hémorragie sévère» pour l'économie finlandaise.
Miracle. Au début des années 2000, l'action Nokia se négociait à 65 euros, l'entreprise était la première capitalisation boursière d'Europe et un géant pour l'économie fi




