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Libération
Reportage

Salo, berceau du groupe, de plus en plus déconnecté

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La ville où tout a commencé en 1979 est sous le choc de la fermeture prochaine de son usine, dernier site de production de Nokia en Finlande.

ParAnne-Françoise Hivert
Envoyée spéciale à Salo
Publié le 02/07/2012 à 21h06

Mina Lehtovaara, 35 ans, ne comprend pas «comment Stephen Elop [PDG de Nokia, ndlr] fait pour dormir la nuit avec son salaire de plusieurs millions d'euros». Après quatorze ans dans l'entreprise, elle vient d'apprendre que son indemnité de licenciement serait réduite de l'équivalent de trois mois de salaire. «La direction nous a informés qu'il n'y avait plus d'argent dans les caisses»,dit-elle. Avec deux jeunes enfants à charge et un emprunt à rembourser, elle espère vite retrouver du travail. Mais elle sait que ce sera difficile. A Salo, commune de 55 000 habitants dans le sud de la Finlande, le taux de chômage, déjà supérieur à la moyenne nationale, devrait passer à 20% à la rentrée.

Ici, personne ne s'attendait à la nouvelle, qui est tombée comme un couperet le 14 juin. La veille, le maire, Antti Rantakokko, passait des vacances au bord d'un lac, quand son téléphone, un Lumia, fabriqué à l'usine de Salo, est tombé à l'eau. «J'aurais dû y voir un mauvais présage» , ironise-t-il. Le lendemain, la direction de Nokia annonçait la fermeture de son dernier site de production en Finlande.

Pâte à papier. Pour la ville, c'est la fin d'une époque. Car c'est ici que tout a commencé. En 1979, Nokia passe un accord avec la société Salora, qui fabrique depuis cinquante ans des postes de radio et des téléviseurs, dans son usine de Salo. Le conglomérat, dont les activités vont de la pâte à papier à la fabrication de bottes en ca

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