Avant la crise, le modèle social allemand semblait en perte de vitesse. Mais, aujourd’hui, le dialogue entre les partenaires sociaux est plus que jamais perçu comme un rempart face aux excès de la spéculation. Ce modèle repose sur deux piliers : l’autonomie tarifaire des partenaires sociaux et la cogestion. Les conditions de travail et les salaires outre-Rhin relèvent de la seule compétence des partenaires sociaux, qui négocient branche par branche les conventions collectives. Celles-ci garantissent des revenus décents en échange de la paix sociale : les patrons s’engagent à respecter les grilles définies ; les salariés à ne se mettre en grève qu’une fois constaté l’échec des négociations. La grève fait figure d’ultime recours et n’est jamais utilisée pour protester contre le gouvernement.
Ce modèle, né dans les années 50 pour empêcher le retour à un Etat fort après le nazisme, a évidemment favorisé le développement de syndicats puissants et représentatifs. Les syndicats allemands - ceux de branche - sont réputés pragmatiques et, surtout, non idéologiques. Ils sont directement associés à la gestion de l’entreprise. Patronat et représentants des salariés siègent au conseil de surveillance des sociétés par actions. La contrepartie est l’exigence de loyauté des représentants des salariés. Principal avantage pour les patrons, le dialogue social assure une grande flexibilité : durée du temps de travail, jours de congés, niveau des salaries varient de façon considérable selon les b




