Rien ne va plus dans la zone euro ; jusque-là, rien de nouveau. Mais si même l'Allemagne lâche l'affaire, on ne sait plus à quel saint se vouer. Alors qu'Angela Merkel affirmait à un groupe de financiers, début juillet, que les eurobonds n'existeraient pas «aussi longtemps qu'elle vivrait», l'Allemagne va abattre dans quelques jours un monument de la monnaie unique dans la ville même qui le chaperonne. A Francfort, l'euro va ainsi subir une dégringolade sans précédent : celle de son symbole, qui, à compter du 15 août, va disparaître de l'esplanade du terminal 2 de l'aéroport. Cette réplique de cinq mètres de diamètre, aux couleurs bleu et or, d'une sculpture représentant le sigle monétaire érigé devant le siège de la Banque centrale européenne (BCE), rappelait jusqu'à présent aux voyageurs la place de la ville dans l'économie européenne, et illustrait la réussite de l'union monétaire entamée il y a plus de dix ans.
Inauguré en grande pompe en février 2001, ce signe va être mis au rebut sans autre forme de procès. Si les crises de ces dernières années ont écorché, affaibli et presque eu raison de la monnaie unique, une tout autre cause est invoquée par la direction de l’aéroport pour justifier la déchéance de cet euro géant devant un bâtiment public : la construction d’un nouveau terminal.
Les voies ferrées d'un métro reliant les terminaux 2 et 3 doivent être construites sur le support de béton du symbole monétaire, qui, après un récent contrôle technique, ne correspon




