Menu
Libération
Interview

«25 à 30% des produits ont un indice inférieur»

Réservé aux abonnés

La Pr Coiffard, spécialiste des cosmétiques, dénonce une protection affichée plus haute que celle constatée :

Publié le 13/08/2012 à 21h36

Directrice du laboratoire Pharmacie industrielle et cosmétologie de l’université de Nantes, la professeure Laurence Coiffard a publié trente études scientifiques sur l’efficacité des crèmes solaires.

Pourquoi lancez-vous l’alerte?

L’enjeu de santé publique est très important. Les tests réalisés depuis des années dans mon laboratoire montrent que 25 à 30% des produits de protection solaire ont un indice inférieur à celui affiché sur l’emballage, et même très inférieur dans certains cas. C’est intolérable quand on sait qu’il y a près de 10 000 nouveaux cas par an de mélanome, la forme la plus grave de cancer liée au soleil. Ça l’est encore plus pour les produits destinés aux enfants, qu’une maman va utiliser en pensant, à tort, que son enfant est bien protégé.

Les industriels disent que les tests en labo ne sont pas encore fiables pour la protection UVB, qu’il faut mesurer sur l’homme…

Les problèmes qu'ils soulèvent sont identiques pour les deux méthodes. C'est un faux argument pour discréditer la méthode in vitro et conserver la méthode in vivo. Les industriels préfèrent les tests sur l'homme, car ils permettent d'obtenir des résultats plus favorables. On peut par exemple surestimer l'efficacité en ajoutant des anti-inflammatoires. Il y a aussi des variations selon la peau des volontaires et la saison. Les industriels préfèrent faire leurs tests l'hiver, car les résultats sont meilleurs sur une peau plus blanche.

Pourquoi votre méthode de test en laboratoire est-elle plus sévère que la méthode officielle?

Les normes de tests sont faites par l'industrie et pour l'industrie. En 2007, on m'a demandé de participer aux travaux menés sur le sujet à l'Agence française de normalisation. Nous n'étions que deux représe

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique