Menu
Libération
EDITORIAL

Dust bowl

Réservé aux abonnés

Publié le 16/08/2012 à 22h06

Dimanche, le New York Times a fait de «sécheresse» le mot du week-end. Le président Obama comme ses rivaux républicains, Romney et Ryan, visitent depuis plusieurs jours les Etats des Grandes Plaines les plus touchés. Clichés assurés d'épis de maïs racornis dans les mains calleuses de paysans. Un remake en 2012 des «raisins de la colère» et du «dust bowl» ? Les agronomes parlent de la pire sécheresse depuis un demi-siècle qui balaie la prairie nord-américaine. Le pays est le plus grand exportateur mondial de céréales et d'oléagineux, et les cours du maïs et du soja sont au plus haut.

Tribu prudente, les climatologues annoncent depuis des années des épisodes de sécheresse exceptionnels liés au réchauffement climatique. Et depuis une trentaine d’années déjà, les modes de culture dans le Midwest ont dû s’adapter à un climat de plus en plus caniculaire et à l’apparition de nouveaux parasites. Ironie écologique : près de la moitié du maïs produit aujourd’hui aux Etats-Unis est transformé en éthanol, un gaz propre permettant de réduire l’empreinte carbone du pays et de diminuer sa dépendance au pétrole importé. Mais un choix coûteux qui pèse sur les cours mondiaux.

De son côté, la spéculation sur les produits alimentaires aggrave les distorsions des marchés. Dans une économie mondialisée, cette flambée des prix menace déjà, comme en 2008, les pays les plus pauvres et les plus fragiles. Des émeutes de la faim sont possibles en Afrique de l’Ouest ou

Dans la même rubrique