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Libération
Enquête

L’exil fiscal met le Président à mal

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Le souhait du patron de LVMH de devenir belge relance le débat sur la fuite des plus riches à l’étranger.

Publié le 10/09/2012 à 22h27

Bernard Arnault a-t-il sonné la retraite des riches? Le 5 avril, interrogé par ses actionnaires sur les intentions fiscales prêtées à la gauche, le PDG de LVMH avait donné le ton : «Je n'ai pas entendu parler de coupage de tête. J'ai entendu parler d'expropriation, mais ça s'arrêtait là pour l'instant.» En demandant la nationalité belge en plus de son passeport tricolore, le patron le plus riche de France et quatrième fortune planétaire a donc d'un coup renvoyé son monde à Coblence, bourgade rhénane où après 1789 se regroupèrent nobles et bourgeois opulents hostiles à la Révolution. Même s'il affirme payer ses impôts en France, le rêve belge de Bernard Arnault, propriétaire d'une résidence à Uccle depuis fin 2011, renvoie à une réalité : l'exil des Français fortunés vers la Belgique, la Suisse, le Luxembourg ou le Royaume-Uni pour échapper à l'impôt. Nombre de grosses fortunes n'ont pas attendu pour faire leur valise. Sans d'ailleurs avoir besoin de réclamer la naturalisation, le paiement de l'impôt dépendant du lieu de résidence et non du lieu de naissance. Combien sont-ils ? Même Bercy n'en a qu'une idée approximative tant la discrétion est de mise et les raisons du départ mal connues (professionnelles, personnelles ou fiscales ?) : environ 800 par an, quelques dizaines de milliers au total.

Toutefois, entre suppression du bouclier fiscal, alourdissement des droits de succession, création prochaine d'une tranche à 75% et alignement prévu de la fiscalité du capital

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