Laurent Serre, responsable des programmes hypersoniques à l’Onera, le principal centre français de recherche aérospatiale, en est convaincu : à l’horizon 2040-2050, pour voyager entre deux villes éloignées du globe, nous emprunterons des avions volant à des vitesses hypersoniques (supérieures à 6 120 km/h, plus de cinq fois la vitesse du son), bien au-dessus des 2 400 km/h que pouvait atteindre le Concorde, dernier avion commercial à avoir dépassé le mur du son. Tokyo ne sera alors qu’à deux heures trente de Paris - contre plus de onze heures aujourd’hui - et New York à une heure, soit le temps d’un trajet Paris-banlieue. Et l’échec, en août, du vol expérimental de l’avion hypersonique sans pilote de la Nasa, le X-51A, n’a pas refroidi les ambitions des ingénieurs.
Mach. Alors qu'aux Etats-Unis les visées sont essentiellement militaires, les grandes agences aéronautiques européennes - dont EADS, l'Onera et la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) - espèrent toujours parvenir à fabriquer un appareil commercial capable d'atteindre de telles vitesses. La plus ambitieuse d'entre elles, l'Agence spatiale européenne (ASE), planche sur plusieurs concepts : le «A2», capable d'emmener 300 passagers à Mach 5 (6 120 km/h) sur plus de 20 000 km, sans escale ; le «WaveRider», pouvant atteindre Mach 8 (9 800 km/h !) en «surfant» sur l'onde générée par son propre déplacement. L'Onera, elle, testera dans deux ans plusieurs prototypes destinés à voler entre Mach 6 et




