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Libération
EDITORIAL

Oser

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Publié le 27/09/2012 à 22h26

Comme l'a révélé Libération hier, l'épilogue d'un drame social attendu se joue ces jours-ci en Lorraine, dans cette terre ouvrière saignée par la violence des mutations industrielles. Un groupe mondial - ArcelorMittal - a décidé de fermer ses deux hauts fourneaux, menaçant en cascade plusieurs centaines d'emplois. On peut avoir été parfois dérouté par le style volontiers théâtral, grandiloquent ou même brutal du ministre du Redressement productif depuis sa nomination. L'efficacité de ses tirades enflammées et de ses apostrophes patronales n'a pas semblé flagrante. Mais l'intervention éclair d'Arnaud Montebourg dans ce dossier social à hauts risques, comme sa visite surprise hier auprès des ouvriers, ne manquent ni de culot ni d'audace. L'Etat semble prêt à s'engager dans un quitte ou double, en exigeant du géant industriel la cession gratuite du site et, surtout, en assumant seul la charge de trouver un repreneur sans que l'actuel propriétaire ne puisse dicter ses conditions. Nul ne peut affirmer que l'opération sera couronnée de succès, mais cet activisme-là refuse autant la facilité que la fatalité. L'Etat, quand la gauche est au pouvoir, ne veut plus se contenter de jouer, comme dans les années 80, «le brancardier» des restructurations industrielles. Au traitement social, il tente d'ajouter le volontarisme économique. Une fuite en avant ? Un pari en tout cas. Le moindre des paradoxes n'étant pas qu'Arnaud Montebourg se retrouvera vite confronté à une réalité qu'i

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