Asphyxiée par des taux d'emprunt frôlant 6%, l'Espagne est désormais prête à demander un plan de sauvetage à ses partenaires européens. Sauf que l'Allemagne l'a priée… d'attendre. «Il est dans l'intérêt du pays de faire baisser les taux pour réduire le service de sa dette. Mais l'Espagne ne déposera pas sa demande sans l'assurance que tout le monde l'accepte. Or, l'Allemagne ne le veut pas», nous confiait lundi un diplomate européen de haut rang.
Selon l’agence Reuters, Madrid était même disposé à activer dès ce week-end l’appel au fonds de secours de la zone euro, afin qu’il soit discuté lundi à Bruxelles, lors du prochain conseil des ministres européens des Finances. Mais la chancelière Angela Merkel temporise, comme elle l’a souvent fait depuis trois ans que dure cette crise.
Addition. Ni Berlin ni Madrid ne reconnaissent officiellement l'existence d'un tel veto. Mais cette procrastination allemande n'est plus un secret. Ainsi, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schaüble, dédramatisait-il récemment l'urgence espagnole : «L'Espagne va très bien […]. Ce dont elle manque, c'est de la confiance des marchés.» Et d'ironiser sur le fait que ce qu'il fallait surtout au Premier ministre Mariano Rajoy, c'est «un conseiller en communication» pour mieux vendre sa politique aux marchés…
Les atermoiements de Berlin, premier pays contributeur aux fonds de secours européen, s'expliquent facilement. En précampagne électorale, en vue des lé




