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Réorienter l’Union européenne, comment ?

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Nous ne sommes pas condamnés à l’austérité à perpétuité et au «scénario japonais» d’une stagnation prolongée.

ParHenri Weber
député européen, secrétaire national adjoint à la mondialisation
Publié le 03/10/2012 à 15h24

La question du traité budgétaire s’inscrit dans une interrogation plus vaste : comment réorienter la construction européenne, dans le cadre du rapport de force existant en France et en Europe ? Ce rapport de force entre la gauche réformiste et la droite conservatrice libérale est en réalité ambivalent. Du côté négatif, il y a le bras de fer économique : notre dette publique, – héritée des gouvernements précédents – atteint 90% de notre PIB et est détenue aux deux tiers par des investisseurs étrangers. En 2013, nous devrons lever 150 milliards d’emprunts nouveaux sur les marchés financiers. Si nous continuons à emprunter à 2,3% à 10 ans (et beaucoup moins sur les emprunts courts), cette situation est maîtrisable. Mais si nos taux d’intérêt montent à 5 ou 6%, comme c’est le cas en Italie ou en Espagne, nous avons de gros soucis à nous faire. Il est possible qu’en tout état de cause, la «défiance» des marchés financiers se porte à son tour sur la France. Mais si le gouvernement français refusait de ratifier le TSCG, c’est certain.

Côté négatif aussi, il y a le rapport de force politique : vingt-cinq Etats de l’Union européenne (UE) ont signé le Traité budgétaire et treize l’ont déjà ratifié. Cela n’a rien de surprenant, puisque vingt-et-un d’entre eux, sur vingt-sept, sont gouvernés par des majorités de droite. Il ne suffit pas au gouvernement français de taper du poing sur la table pour être obéï. Toute réorientation de la construction européenne est-elle donc vouée à l'échec e

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