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Stabiliser, coordonner et gouverner quoi, au juste ?

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Publié le 04/10/2012 à 19h06

Et si le vote quasi unanime des députés PS, centristes et UMP, qui érigera mardi la règle d'or que voulurent Merkel et Sarkozy et que Hollande prétend entériner en loi organique, ne devait rien résoudre de la crise de l'Union européenne mais, tout au contraire, inéluctablement l'aggraver ? Pour apprécier cet inéluctablement que j'avance avec ce pronostic, considérons ce qu'il en fut, depuis vingt ans - soit une génération - de cette Europe que le capitalisme financier dérégulé, et échappant pour le coup définitivement à tout contrôle démocratique, nous a volée.

Il était une fois, en 1992, le traité de Maastricht, soumis à référendum que l'auteur de ces lignes vota d'enthousiasme. C'est qu'il avait cru, l'alors naïf et rêveur auteur de ces lignes, aux promesses que le traité énonçait d'une Europe sociale, et partageuse, et démocratique, et fédérale demain ; autant dire, peu après la chute du Mur et du stalinisme, à l'invention d'une civilisation nouvelle, dans l'ouverture des frontières et l'extinction à terme des Etats-nations. Treize années passèrent, qui suffirent pour en finir avec ces illusions admirables : le traité d'Amsterdam «établissant une Constitution pour l'Europe», avec son fameux principe de «concurrence libre et non faussée», gravait «dans le marbre» la loi d'airain du libéralisme éternel. Sur fond de guerre impérialiste déguisée en choc de civilisations, il déléguait le pouvoir des peuples à des fonctionnaires non élus, mais surtout,

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