Frédéric Cuvillier, le ministre des Transports, est sur le point de boucler la réforme d’un système ferroviaire grevé par une dette abyssale, et dont les dysfonctionnements sont dénoncés par tous les acteurs. Il doit également arbitrer entre les mille et un grands travaux promis par le gouvernement précédent.
Vous annoncez la mise en place, ce matin, d’une mission parlementaire pour trier dans les 245 milliards d’euros de projets d’infrastructures. Est-ce pour botter en touche ?
Des dizaines de projets (lignes à grande vitesse, voies navigables…) couchés dans le Schéma national d’infrastructures de transport (Snit) sont d’abord apparus dans le Grenelle de l’environnement, puis ont enflé à mesure que l’on s’approchait de la présidentielle. Ils se résument parfois à un trait de crayon. Il y a là une sorte d’abus de confiance à l’encontre des élus, du monde économique et des usagers. Tout le monde y a cru. C’est de la poudre de perlimpinpin financée par de la monnaie de singe. Il faut respecter les gens. Sinon vous êtes rattrapés par les fausses promesses. Comme Jean-Louis Borloo [ex-ministre de l’Ecologie], l’inventeur de cette usine à gaz… Nommer cette mission, équilibrée politiquement, avec Philippe Duron [député PS], Michel Delebarre [sénateur PS], Louis Nègre [sénateur UMP], avec le soutien d’experts, est la seule façon de sortir d’un non-choix.
Cela promet d’être douloureux…
L’Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF) dispose d’un budget de 2 milliards d’euros par an. Et il y a pour 245 milliards de projets ! Faites vous-mêmes le rapport ! On va regarder projet par projet quelle est leur utilité, s’ils luttent contre la fracture territoriale,




