A la veille du sommet européen de Bruxelles, qui a débuté hier soir, François Hollande a laissé percer son agacement face à une Allemagne qu'il accuse de mener un double jeu : «Les plus empressés à parler de l'union politique sont parfois les plus réticents à prendre les décisions urgentes qui la rendraient pourtant incontournable», a balancé mercredi le chef de l'Etat, vachard, dans un entretien accordé à six journaux européens. «On a souvent l'impression que, vu de Berlin, le fédéralisme c'est pour les autres», résume-t-on à l'Elysée.
Raisons de cet agacement : la volte-face de l’Allemagne sur l’union bancaire. Bien qu’approuvée lors du sommet de juin, le gouvernement Merkel a fait marche arrière début septembre : pour lui, il est hors de question de soumettre ses caisses d’épargne et ses Landesbanken au contrôle de la Banque centrale européenne. Pis : Berlin estime désormais qu’il n’est pas question que le Mécanisme européen de stabilité (MES) prête directement aux banques espagnoles en difficulté, comme cela avait été acté en juin. Au risque de déstabiliser davantage Madrid.
Le chef de l’Etat espère bien faire entendre raison à la chancelière au cours de ce Conseil européen. Car, sans union bancaire, l’union politique que réclame l’Allemagne ne verra pas le jour, et sans union politique, l’avenir de l’euro sera compromis. C’est exactement ce que disent les quatre présidents européens - José Manuel Barroso (Commission), Herman Van Rompuy (Conseil), Jean-Cl




