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Le Havre. Quand la Chine s’arrimera

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Les Chinois auraient acheté le port de Seine-Maritime. A l’origine de cette (fausse) rumeur, l’ouverture des entrepôts aux opérateurs privés, et le coup de com de M. Wang, un entrepreneur chinois résidant en France.

ParEdouard Launet
Envoyé spécial au Havre
Publié le 28/10/2012 à 19h06

Coup de tonnerre l'an dernier dans le ciel gris-bleu de l'estuaire de la Seine : «Un entrepreneur chinois envisage de racheter une partie du port du Havre», annonce en février un quotidien national. Six mois plus tard, un autre grand quotidien confirme : «Un Chinois rachète une partie du port du Havre.» Un hebdomadaire sonne le tocsin quelques jours plus tard : «Le Havre, port chinois ?» Suite à quoi, quelques émissions de télévision se mettent à leur tour à agiter le chiffon jaune. L'affaire gagne peu à peu les cafés du commerce normands et parisiens où l'affaire est désormais entendue : la Chine grignote la France par l'ouest.

Or d'invasion il n'y a pas, il n'y a jamais eu : le port du Havre est toujours 100% français. Que s'est-il passé pour que les imaginations s'enflamment ? A l'origine de l'incendie se trouve un fait avéré : Hsueh Sheng Wang, petit entrepreneur chinois de 47 ans, résident français depuis l'âge de 13 ans, a racheté 40 000 m2 d'entrepôts désaffectés sur le port. Le chantier de réhabilitation vient de s'ouvrir. Ce sont des hangars, pas des quais, et pas en énorme quantité : moins de 3% des 1,6 million de mètres carrés d'entrepôts disponibles au Havre, le long de ses 36 kilomètres de quais. Monsieur Wang n'est ni opérateur de terminaux portuaires, ni armateur ni logisticien : après avoir démarré dans la restauration puis le négoce, il s'est spécialisé dans la gestion immobilière. Cet habile entrepreneur achète ou loue d

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