Mais que s’est-il donc passé ? Il n’a pas fallu six mois pour voir se coaliser contre le gouvernement l’ensemble des patrons, petits et grands, start-upers ou porte-drapeaux du «brick and mortar». Comme si un vent de fronde automnal - qui pousse d’ordinaire les salariés dans la rue - prenait soudain l’allure d’un troisième tour patronal. Il y a pile un an pourtant, une pléiade de chefs d’entreprise lançait un appel en faveur d’une taxation exceptionnelle des super-riches, au nom de l’impératif de «la solidarité nationale». Aujourd’hui, les mêmes, rejoints par de petits mais puissants lobbys, stimulés par l’UMP, pétitionnent contre une politique jugée aussi anachronique qu’irresponsable. Faut-il croire que la seule présence de la gauche au pouvoir ranime encore les vieux démons patronaux ? On aurait tort de s’en tenir à cette lecture simpliste et de prendre pour argent comptant quelques propos hystériques et isolés tenus par des roitelets du CAC 40. L’affaire est trop sérieuse pour l’abandonner à la caricature. En pleine crise, la gauche ne pourra réussir contre les entreprises. Elle le sait et le premier à le dire en son temps, même au prix de contradictions rhétoriques, fut François Mitterrand, obsédé par l’idée d’installer la gauche au pouvoir dans la durée. François Hollande connaît bien mieux l’entreprise que son ex-mentor. Mais par un mauvais paradoxe, il n’a pas encore su faire valoir la «République contractuelle» dont il se fait le héraut. La cacophonie des ministres,
EDITORIAL
Contractuel
Réservé aux abonnés
Publié le 29/10/2012 à 22h46
Pour aller plus loin :
Dans la même rubrique
Nos newsletters

Alerte Libé
Les alertes, infos et enquêtes Libé à ne pas manquer

Libé Matin
Le brief matinal idéal pour bien commencer la journée

Opinions
Les billets, éditos, tribunes ou chroniques qui font débat

Toutes nos newsletters
Actualité, politique, lifestyle... découvrez toutes nos newsletters

Les plus lus