Présenté le 6 novembre dans la foulée du rapport Gallois, le pacte de compétitivité du gouvernement pourrait évoluer. Selon nos informations, l’exécutif a décidé, la semaine dernière, de lancer une réflexion sur la répartition du crédit d’impôts de 20 milliards d’euros dont vont bénéficier les entreprises. Les technos de Bercy réfléchissent à plusieurs scénarios. L’idée, qui n’est pas encore arbitrée, serait d’avantager l’industrie au détriment des services.
Le sujet avait opposé en coulisse les ministres Pierre Moscovici (Economie) et Arnaud Montebourg (Redressement productif). Moscovici voulait concentrer les aides sur les bas salaires (entre 1 et 1,6 Smic), car cela créerait plus d’emplois. Tandis que Montebourg comptait réduire le coût du travail des industriels qui payent davantage leurs salariés (entre 1,6 et 2,5 Smic), pour les aider à résister à la concurrence étrangère. Au final, François Hollande et Jean-Marc Ayrault avaient coupé la poire en deux. Et décidé que le crédit d’impôt s’appliquerait de la même manière à tous les salaires jusqu’à 2,5 Smic. Ce qui correspond à une baisse du coût du travail de 6%.
Mais le débat s’est poursuivi. D’une part, parce que les bas salaires bénéficient déjà de plus de 20 milliards d’allégements de charges sociales, et se retrouveraient donc doublement avantagés par le pacte. Ensuite par crainte des effets d’aubaine. Selon une étude de Natixis, les quatre premiers bénéficiaires seraient, dans l’ordre, GDF Suez, EDF, Vinci et Carrefou




