Menu
Libération
EDITORIAL

Drogués

Réservé aux abonnés

Publié le 28/11/2012 à 22h56, mis à jour le 28/11/2012 à 23h43

De quoi faire rêver en ces temps de crise. Les gaz de schiste découverts aux Etats-Unis peuvent assurer encore un siècle de consommation d'hydrocarbures au pays le plus vorace de la planète. La Pennsylvanie, la Californie, autant d'Etats qui pourraient être de petits Koweït. La Pologne, le Canada, peut-être l'Ile-de-France sont aussi d'immenses réservoirs virtuels pour les intoxiqués aux hydrocarbures. La fin annoncée des énergies fossiles qui fondent le développement des économies n'est plus d'actualité. Un répit de plusieurs décennies aurait été gagné. De quoi changer la géopolitique du monde, avec les pays du Nord, grands consommateurs d'énergies fossiles, devenant des producteurs. Le Moyen-Orient, la Russie perdant leur emprise sur les marchés du gaz et du pétrole. Peut-on s'en réjouir ? Même les Etats-Unis, pays le plus engagé dans l'exploitation des gaz de schiste, commencent à mesurer le coût et les dangers de l'hydrofracturation qui permet de chasser l'énergie au cœur de la terre. Pollution des nappes phréatiques et des rivières, mise en danger de l'eau potable. La France a eu raison d'interdire cette forme d'exploitation dans ses conditions actuelles. Doit-on pour autant empêcher toute exploration des gaz de schiste et de moyens moins polluants d'aller les chercher ? Le débat sur la transition énergétique s'ouvre aujourd'hui en France. Avec, au centre, la question du poids des énergies fossiles dans le réchauffement climatique. Comme le dit Laurence Tubiana, sa faci

Dans la même rubrique