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Comment Lakshmi Mittal a perdu son savoir-fer

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Le milliardaire indo-britannique est victime de sa folie des grandeurs et de la crise mondiale de la sidérurgie.

Le PDG d'ArcelorMittal, Lakshmi Mittal, à Londres le 31 juillet 2012 (AFP)
Publié le 30/11/2012 à 22h14, mis à jour le 02/12/2012 à 17h16

ArcelorMittal est un colosse aux abois. Si le groupe se montre aussi inflexible sur la fermeture des hauts fourneaux de Florange (mais aussi ceux de Liège, en Belgique), c’est parce que le leader mondial de l’acier cherche à dégager de l’argent par tous les moyens. Une conséquence de la crise, mais aussi de la folie des grandeurs du milliardaire indo-britannique Lakshmi Mittal et de son fils Aditya, qui dirigent le groupe d’une main de fer.

Cash. Le boulimique Lakshmi Mittal a construit son groupe en multipliant les rachats, d'abord dans les pays émergents, puis en mettant 25 milliards d'euros sur la table pour s'emparer, en 2006, de l'européen Arcelor. Le groupe est, à cette époque, une machine à cash. Le PDG décide alors d'investir ses profits non pas dans ses aciéries, mais pour racheter des mines de fer. Tout comme Arcelor, Mittal a payé ces actifs à prix d'or, au moment où le cours du minerai était au plus haut. Résultat : une dette de 17 milliards d'euros.

Depuis que l'acier européen a replongé dans la crise, ArcelorMittal se retrouve étranglé par cet endettement gigantesque, qu'il peine de plus en plus à rembourser. Signe de l'inquiétude des marchés, le cours de l'action a dévissé de 80% en cinq ans. Les agences Standard & Poor's (en août) et Moody's (début novembre) ont dégradé la dette du groupe dans la catégorie spéculative (les «obligations pourries»), ce que le directeur financier, Aditya Mittal, voulait à tout prix éviter. D'autant plus q

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