Jadis, un slogan publicitaire a fait fureur en France : pour vanter le génie de la lessive X, on proposait deux paquets de lessive Y, archinulle. La crise n'avait pas encore frappé, et la ménagère pouvait se payer le luxe de rester fidèle à la «bonne» lessive avec un seul paquet. Impensable aujourd'hui, et si les vitrines affichent la formule consacrée - deux pour le prix d'un - c'est au premier degré. Un «geste commercial» bien compris, paraît-il. Sûrement efficace, sinon les fameuses affiches auraient disparu. En Espagne où, depuis des lustres, l'économie a tout misé (comme au casino) sur le marché immobilier- à tort car il s'est effondré - il n'est pas rare de se voir offrir un deux-pièces si l'on achète un logement. On ne vous propose pas de ne payer que 50% du prix d'un 100 m2, non, on vous fait cadeau d'un 50 m2 en bonus. Tentant, non ? Sauf que les Espagnols sont si étranglés par la dette que «le geste commercial» fait un flop monumental. Et les immeubles, construits à tour de bras ces dernières années, sont vides. Des quartiers de villes mortes pour paysage. Et des habitants en quête de toit, expulsés faute de pouvoir payer leurs loyers. Monstrueuse et surréaliste, l'image semble sortie d'un film d'horreur. Mais certains refusent cette «comédie humaine». Ils squattent des bâtiments vacants et, ce faisant, créent du partage. Pas encore des phalanstères si chers à l'utopiste Charles Fourier, mais une communauté de vie qui redonne
Éditorial
Deux pour le prix d’un
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Publié le 30/11/2012 à 19h26
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