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Reportage

«Dans la région, c’est no future»

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De Florange à Gandrange, déambulation dans la vallée de la Fensch, patrie de l’acier délaissé.

A gauche, Antoine Bach, ancien mineur et président de l'Association Amomferlor, au musée des mines de fer de Neufchef. A droite, Philippe David, maire d'Hayange. (Photos Mathieu Cugnot pour Libération)
ParChristian Losson
Envoyé spécial en Moselle
Publié le 04/12/2012 à 22h36

Des ArcelorMittal pleins de désillusions qui croisent le fer avec un patron et le gouvernement, la mémoire vive d'un vieux mineur, un maire qui dénonce une «non-assistance à ville en danger» ou un ex-métallo rongé par des fantômes : plongée dans la vallée de la Fensch, où les villes ont des noms en ange, et les rêves les ailes amputées.

A Florange, la révolte malgré tout

Indifférent au flot de voitures, l'homme fait son footing autour… d'un rond-point. Après quarante-trois ans dans la sidérurgie, Gérard Bachr résume : «Certains picolent, clopent. Moi, je fais ma tranchée des baïonnettes à ma façon pour défendre le berceau du fer.» Désormais cercueil d'une industrie qui a perdu 150 000 emplois ? «Avant, ici, c'était l'Eldorado, maintenant, c'est la mort qui rôde.» Lionel Burriello, 35 ans, veste rouge CGT et colère noire : «Pour une fois que le monde ouvrier pouvait gagner. Et voilà qu'Ayrault nous tire dans le dos.» Sa vie depuis douze ans : mécanicien sur les hauts-fourneaux. Sauver les «cathédrales de métal» le passionne et le dévore. «On se prend des coups de pelle dans la gueule d'une violence inouïe.» Son regard se fait minéral. «Je bosse à mi-temps pour faire semblant de préserver les hauts fourneaux.» Alors «qu'on a zéro budget en pièces de rechange, qu'on mute les gens compétents, pour être sûr que les hauts fourneaux crèvent à petit feu». Sur fond de brouhaha du local syndical : <

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