Des ArcelorMittal pleins de désillusions qui croisent le fer avec un patron et le gouvernement, la mémoire vive d'un vieux mineur, un maire qui dénonce une «non-assistance à ville en danger» ou un ex-métallo rongé par des fantômes : plongée dans la vallée de la Fensch, où les villes ont des noms en ange, et les rêves les ailes amputées.
A Florange, la révolte malgré tout
Indifférent au flot de voitures, l'homme fait son footing autour… d'un rond-point. Après quarante-trois ans dans la sidérurgie, Gérard Bachr résume : «Certains picolent, clopent. Moi, je fais ma tranchée des baïonnettes à ma façon pour défendre le berceau du fer.» Désormais cercueil d'une industrie qui a perdu 150 000 emplois ? «Avant, ici, c'était l'Eldorado, maintenant, c'est la mort qui rôde.» Lionel Burriello, 35 ans, veste rouge CGT et colère noire : «Pour une fois que le monde ouvrier pouvait gagner. Et voilà qu'Ayrault nous tire dans le dos.» Sa vie depuis douze ans : mécanicien sur les hauts-fourneaux. Sauver les «cathédrales de métal» le passionne et le dévore. «On se prend des coups de pelle dans la gueule d'une violence inouïe.» Son regard se fait minéral. «Je bosse à mi-temps pour faire semblant de préserver les hauts fourneaux.» Alors «qu'on a zéro budget en pièces de rechange, qu'on mute les gens compétents, pour être sûr que les hauts fourneaux crèvent à petit feu». Sur fond de brouhaha du local syndical : <




