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La France et l’Allemagne donnent de l’air à EADS

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Aéronautique . Le groupe se réjouit du nouveau pacte d’actionnaires qui diminue l’influence des Etats. Sans pour autant les réduire au silence.

Publié le 06/12/2012 à 22h26

EADS, le géant européen de l'aéronautique, qui fabrique les Airbus et la fusée Ariane, s'est-il débarrassé des Etats allemands et français ? C'est ce que claironne le groupe depuis la signature, lundi soir, d'un accord franco-allemand qui révolutionne sa gouvernance. «La stratégie et les projets industriels seront uniquement décidés par le conseil d'administration et le comité exécutif, tandis que les opérations seront gérées sans l'interférence extérieure» des Etats, s'est félicité le patron allemand d'EADS, Tom Enders.

La réforme était rendue indispensable par la volonté des actionnaires privés de se retirer du capital du groupe. Daimler (qui a vendu la moitié de ses 15% dès hier) et Lagardère (7,5%) vont donc quitter le navire. Ce qui dynamite le pacte franco-allemand (incluant également l’Espagne) qui régissait EADS depuis sa création il y a treize ans.

Fusion. Tom Enders rêvait depuis longtemps de faire d'EADS une «entreprise normale». Surtout depuis que l'Allemagne a bloqué, il y a deux mois, le projet de fusion avec le britannique BAE, défendu par le PDG. Aujourd'hui, Tom Enders peut revendiquer une victoire. Malgré l'entrée directe de Berlin au capital (à la place de Daimler), l'accord se traduit bien par une baisse de l'influence des Etats. Sauf en ce qui concerne leurs intérêts liés à la défense nationale.

Paris et Berlin disposaient, par exemple, d’un droit de veto sur les acquisitions et les investissements industriels majeurs. C’e

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