Ces trois-là ne sont pas des amateurs. Pierre Moscovici fut déjà ministre il y a quinze ans et il est l’un des rares Français à voyager sans boussole dans les arcanes européens. Jérôme Cahuzac s’est attaqué avec autorité au rétablissement des comptes publics. Quant à Arnaud Montebourg, chacun a pu mesurer que la politique court dans ses veines et qu’il incarne le volontarisme comme nul autre pareil. Mais d’où vient alors cette persistante impression que la puissante machine de Bercy ne tourne pas rond ? Pis, qu’elle paraît affaiblie, divisée, sans pilote alors qu’elle devait incarner, dans l’esprit de François Hollande, le poste de commandement de la guerre contre la crise ? La nomination de pas moins de sept ministres à Bercy constitue une première piste : cette décision a contribué à morceler une administration de 155 000 fonctionnaires qui n’avait pas besoin de cela pour abriter des rivalités byzantines. Mais, par une mauvaise coïncidence, chacun des trois hommes forts de ce ministère a aussi un talon d’Achille. Par tempérament et peut-être par tactique, Pierre Moscovici pratique un subtil détachement médiatique et peine à se faire entendre des Français, laissant au seul Président la défense de la politique économique. Les accusations de Mediapart contre Jérôme Cahuzac, autant qu’une stratégie de défense hasardeuse pour réfuter l’éventuelle possession d’un compte en Suisse, ont affaibli le ministre du Budget, qui n’est pas parvenu jusqu’alors à se débarrasser du soupçon.
EDITORIAL
Imbroglio
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Publié le 28/12/2012 à 21h46
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