Fin novembre, trois syndicats, alarmés par l'absence de commandes, réclamaient la nationalisation de STX France. Et voilà que jeudi soir, les ex-Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire ont remporté l'un des plus gros navires de croisière au monde. Une énorme «bouffée d'oxygène», s'est félicité Jean-Marc Ayrault. Un «contrat supérieur à 1 milliard d'euros qui représente plus de 10 millions d'heures de travail», a détaillé le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici.
L'Etat, actionnaire à 33% du chantier (au côté du coréen STX), s'est démené en coulisse pour décrocher la timbale. Car l'acheteur, le croisiériste américain Royal Caribbean International, avait mis en concurrence Saint-Nazaire et STX Finlande. «Le navire a failli être attribué aux Finlandais. Ça a été chaud», confie un proche du dossier. Comme ses deux grands frères de la classe Oasis, le navire aurait logiquement dû voir le jour à Turku. C'était sans compter la mobilisation, dès juin dernier, de Bercy, et l'«intervention personnelle» du Premier ministre. Promesses d'aides à l'export aidant, Saint-Nazaire a gagné. Le ministre finlandais de l'Economie s'est interrogé, vendredi, sur la légalité de la méthode. Les règles européennes ont «évidemment» été respectées, a répliqué Moscovici.
Côté syndicats, la nouvelle est accueillie comme «un très beau cadeau de Noël». «On respire, la situation devenait intenable», se félicite Nathalie Durand-Prinborgne, de




