«Une nation fatiguée de longs débats consent volontiers qu'on la dupe, pourvu qu'on la repose», avait déjà observé Alexis de Tocqueville. Si repos il y a, celui de l'Amérique sera de courte durée tant la «solution» à la crise de la dette, entérinée par le Sénat et la Chambre des représentants, ressemble à un marché de dupes. Certes, après avoir joué à se faire peur, les dirigeants américains ont su éviter in extremis une chute en enfer du haut de la fameuse falaise fiscale, qui risquait d'entraîner une bonne partie de la planète dans la récession. Mais le petit compromis arraché de haute lutte et dans une atmosphère délétère par la Maison Blanche a surtout mis en lumière la faiblesse du pouvoir politique dans un pays qui demeure pourtant la première puissance mondiale. Non seulement le problème de la démesure de la dette américaine reste entier mais droite et gauche ont joué leur partition jusqu'à la caricature. Les républicains n'ont eu d'autre obsession que de protéger les riches, ou plutôt les super-riches, et de faire payer les classes moyennes et populaires en taillant encore dans un Etat providence déjà minimal. Les démocrates ont présenté comme une «grande victoire» une timide hausse des impôts pour les ménages gagnants plus de 400 000 dollars par an. Le triomphe des postures et des intérêts partisans souligne une fois encore l'impuissance des institutions américaines quand le pays est aussi sévèrement divisé. Même un président fraîchement réélu et l
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Publié le 02/01/2013 à 22h26
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