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C’est pas Depardieu possible !

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Publié le 04/01/2013 à 19h07

La polémique à propos de l’exil fiscal de Gérard Depardieu est bien plus profonde qu’elle n’en a l’air. Elle porte aussi bien sur la signification que sur l’utilité de l’argent dans la vie des individus.

Beaucoup de gens pensent que les grandes fortunes sont le corollaire de quelque chose de rare, d’aussi rare que le nombre d’ultrariches que l’on trouve dans notre société. Comme si le patrimoine net de chacun était le résultat infaillible de la comptabilité de Dieu. L’impôt viendrait perturber cet ordre naturel en obligeant ces individus exemplaires à verser à la collectivité une partie trop importante de leurs gains. Ce faisant, on découragerait les «génies», les inventeurs, les créateurs, l’argent étant censé être la plus haute des récompenses dans la vie d’un homme.

Or, la plupart des grands artistes, des inventeurs, des philosophes qui ont changé le cours de l’histoire ont vécu dans une aisance toute relative, voire dans la misère. S’ils avaient considéré l’argent comme la principale récompense de leurs efforts et de leurs talents, ils auraient été terriblement découragés. Offensés même que leur don à l’humanité se traduise mécaniquement par cet équivalent universel qu’est l’argent. On pourrait aussi bien penser qu’il est injuste que les génies artistiques, scientifiques, philosophiques deviennent des ultrariches comme Depardieu. Ils ont déjà le privilège de leur prestige, de la reconnaissance que leur vouent leurs contemporains. Sans compter ce bonheur sans limite, ce ver

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