Un tract à l’entrée, des pétitions de soutien au bout des rayons : dans l’étincelant magasin des Champs-Elysées, les solides colonnes de marbre ne font plus illusion : l’enseigne Virgin Megastore vacillait, désormais elle s’effondre.
«C'est vrai ce qu'on entend, Virgin dépose le bilan ?» Vendredi, les plus téméraires des clients profitaient de leur passage en caisse pour confirmer leurs soupçons. En glissant parfois un mot de réconfort aux salariés en gilet rouge : «Il y aura bien quelqu'un pour vous racheter.» A l'image de leur millier de collègues en France, les 189 employés du magasin parisien ne demandent qu'à les croire. Mais les mauvaises nouvelles s'enchaînent. Il y a dix jours déjà, ils apprenaient le projet de résiliation du bail de leur immeuble, acquis en juin par des investisseurs qataris. Un peu trop grand, beaucoup trop cher. Avec ses 22 millions de dettes, Virgin n'a plus les moyens de se payer un 4 400 mètres carrés sur les Champs-Elysées.
«Créanciers». Inquiets pour leurs emplois, 80% des salariés ont fait grève samedi dernier. Mais vendredi matin, avec l'annonce d'un comité d'entreprise (CE) extraordinaire, leur avenir s'est encore assombri. D'autant que la direction de Virgin ne fait pas mystère sur l'ordre du jour de la réunion de lundi : la chaîne devrait se déclarer en cessation de paiement. «Nous [Virgin France] perdons de l'argent de manière constante depuis au moins quatre ans, explique la direction. Auj




