Vous êtes face à l'un des maîtres-nageurs-sauveteurs de l'euro, un an exactement après la perte par la France de son triple A. Costume gris, cravate noire, chemise blanche : on n'est pas chez les clowns. Il y a pourtant un drôle de paillasson bleu de Suède sous les pieds du directeur général du Trésor quand il travaille à son bureau. Si ce n'était cet élément incongru, on dirait l'homme sévère. Il est également calme et posé. Il se souvient de la fois où il s'est levé alors qu'un ministre des Finances, un peu sanguin, remettait en cause le travail des services du Trésor. Il a quitté la pièce refusant d'entendre des reproches «injustes» et formulés avec une véhémence «inappropriée». Sinon, personne ne se souvient avoir vu Ramon Fernandez sortir de ses gonds. «Ramon est inénervable», dit une amie qui l'a vu débarquer à Bercy peu après la sortie de l'ENA. «Pour obtenir ce qu'il veut, il fait preuve d'une infinie patience, poursuit-elle. Avec un sourire désarmant, il met un pied dans la porte avant qu'elle ne se referme. Ensuite, il cherche à l'ouvrir à force d'arguments et de pondération. Il part d'un accord minimal pour rallier ses interlocuteurs les uns après les autres au consensus.» Lui dit : «Parfois, il faut attendre avec fermeté que le moment vienne.»
Etes-vous sarkozyste ? Pour n'importe quel haut fonctionnaire, la question ressemble à une provocation. Elle est presque inacceptable et justifierait une rebuffade, un haussement




